Portrait Anke Seyberth, CEO agence de traduction professionnelle

Anke Seyberth – CEO et Fondatrice DE L'agence de traduction

Cette semaine, faisons la connaissance d’Anke Seyberth, fondatrice de l’agence ACSTraduction, traductrice et interprète assermentée EN/FR/DE > FR/DE.

Partons à la découverte de son parcours, de sa vision de la traduction juridique et assermentée, et du marché de la traduction. À l’origine de la création de la première boutique en ligne de traduction au service des particuliers, c’est elle !

Mais l'agence de traduction ACSTraduction, c’est aussi une philosophie du service qui s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnel·les. Allons à la rencontre de la créatrice de ce projet.

 

AnkeBonjour Anke, tout d’abord, Pourquoi ACS ?

ACS est l’acronyme de mon nom complet, Anke Caroline Seyberth. À vrai dire, le mot « Traduction » m’embête aujourd’hui car nous nous exportons à l’international et j’aimerais, de ce fait, trouver un nom à consonance plus anglophone.  Nous y travaillons actuellement.

Quelle est votre passion dans la vie en dehors de votre métier ?

J’aime la nature, la randonnée et la montagne.  Aujourd’hui, nous sommes situé·es à Grenoble, cela me correspond donc parfaitement.

Pourquoi avez-vous choisi d’implanter ACSTraduction à Grenoble ?

J’ai choisi Grenoble parce que c’est une ville ouverte, internationale, orientée « technologie », et qui nous permet d’être en partenariat avec l’Université de Grenoble ; on garde des places de stage pour leurs étudiant·es. Par ailleurs, Inovallée, une association similaire à un comité d’entreprise regroupant des entreprises innovantes ou au service d’entreprises innovantes, telles qu’ACSTraduction, qui propose des services de traduction à ces entreprises, est également présente à Grenoble. Tout cela n’était pas possible en Ardèche, où j’étais auparavant.

Que préférez-vous et qu’aimez-vous moins dans votre métier ?

J’aime le dynamisme, le développement des services de l’entreprise et la recherche de l’innovation, le travail quotidien avec l’équipe que je trouve formidable, l’indépendance et la collaboration. J’aime que chacun·e soit indépendant·e dans le processus, mais qu’au final, on aboutisse à un résultat commun. En termes de développement, je dirais que ce qui me motive est de pouvoir me surpasser constamment et de m’améliorer. En revanche, j’aime moins la quantité considérable de tâches administratives nécessaires. C’est parfois assez frustrant lorsque cela prend beaucoup de temps et m’empêche de faire autre chose.

Quel est le leitmotiv pour l'agence de traduction ACSTraduction ?

Être au service des gens !

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Il y a une très bonne ambiance dans l’équipe, notamment grâce à la relation de confiance basée sur la transparence au sein de l’entreprise. Vous êtes également très compréhensive et à l’écoute. À cet égard, pourriez-vous nous parler davantage de votre vision du management ?

Cette atmosphère s’est naturellement établie parce que j’ai cette vision des choses et du management. Je pense qu’à partir du moment où l’on est une équipe, il faut avoir confiance en ses collaborateur·trices et en les compétences de chacun. Je considère une entreprise comme un travail commun, une collaboration. La clé, c’est une confiance mutuelle. Il est également important que les employé·es se sentent prendre part à cette aventure que propose l’entreprise, qu’ils·elles en soient un moteur. Recruter, c’est très difficile au départ, notamment lorsqu’il s’agit de détecter une personnalité. Avec l’expérience, cela devient plus facile. Nous essayons de toujours transmettre la façon dont nous fonctionnons, afin que le·la candidat·e puisse évaluer si cela lui correspond. Nous cherchons surtout une personne qui saura refléter l’esprit de l’entreprise, soit l’ouverture d’esprit, le dynamisme, l’enthousiasme, la niaque, l’engagement et l’implication. C’est ce qui compte, autant que les compétences. Il faut aussi être très flexible, car notre société grandit vite, donc on évolue constamment. C’est aussi pour cela qu’il est important de travailler ensemble, car je ne peux pas voir tout ce qui se passe au quotidien. Alors nous nous réunissons et réfléchissons à la manière d’améliorer les process. J’ai également le sentiment que tout le monde est fier de participer à la construction de la société au quotidien, car nous sommes parties de zéro. Cela est donc un facteur de motivation, en sus des très bons retours client que nous recevons. À cet égard, nous recherchons des profils très réactifs, qui ont à cœur une satisfaction client exceptionnelle.

Les traducteur·trices assermenté·es ne sont payé·es que 10 centimes par mot par la justice en France. Qu’en pensez-vous ? Pensez-vous qu’il y a une précarisation du métier de traducteur·trice assermenté·e et en général ?

Le prix de 10 centimes n’a pas augmenté depuis 2005, je crois. Sur le marché, effectivement, le tarif a baissé de moitié. Auparavant, on pouvait facturer 20 ou 25 centimes par mot, ce qui est impossible aujourd’hui, où l’on oscille entre 10 et 13 voire 15 centimes par mot, grand maximum. Certaines agences de traduction ont tiré et tirent encore le marché à la baisse, ce qui a nécessairement des répercussions, et cela empire avec la post-édition. Ma stratégie a été de ne pas participer à cette braderie des prix, mais justement de proposer quelque chose en plus, un service exceptionnel, une boutique en ligne, pour « justifier » le prix et le maintenir à des niveaux acceptables.

La boutique en ligne, créée au départ pour réduire le temps passé sur les devis, permet également de faciliter le processus de traduction pour le·la client·e, car il faut bien se rappeler que, souvent, pour lui·elle, la traduction n’est pas une fin en soi, elle est un moyen lui permettant de réaliser ses démarches officielles. Notre but est de faciliter ces démarches. Notre vision nous permet de nous démarquer en ce sens, car beaucoup d’entreprises ne pensent qu’au profit financier de leur activité.

En ce qui concerne l’avenir de la traduction, je pense qu’elle sera progressivement remplacée par la post-édition pour certains domaines qui ne nécessitent pas de transcréation, et que l’on reviendra à un tarif horaire.

Justement, que pensez-vous de la post-édition ?

Je vois plutôt cela comme une aide qui fait gagner beaucoup de temps au·à la traducteur·trice. On travaille plus efficacement, les projets répétitifs sont plus rapidement effectués, avec la même rentabilité, et la pré-traduction permet de faciliter l’approche de phrases longues et complexes. La post-édition permet de retirer le côté pénible du métier du·de la traducteur·trice et lui offre la possibilité de se concentrer sur l’amélioration, le style, ou d’autres projets plus créatifs. En revanche, je pense qu’il ne faut pas y avoir recours pour des traductions nécessitant de la transcréation. Dans tous les cas, il faut l’accepter et l’intégrer dans les processus, pour s’adapter à l’évolution du marché.

Quelles sont les qualités d’un·e bon·ne traducteur·trice juridique ?

La curiosité, la capacité de recherche terminologique et la capacité à se remettre en question constamment.

Pouvez-vous nous parler davantage de votre activité d’ interprète ?

L’interprétariat peut être une activité anxiogène car on ne sait jamais à l’avance quels termes on va devoir traduire. J’aime cette activité car je me sens utile quand je l’exerce, surtout lorsqu’il s’agit d’audiences au tribunal. Cela change de la traduction, car on est en contact direct avec des personnes qui ont besoin d’assistance. C’est plus compliqué car c’est instantané, mais aussi parce qu’il faut retenir la phrase qui peut parfois être longue.

Ce qui est drôle dans ce métier, c’est qu’il nous arrive au moins une fois, sur des missions de longue durée, de nous adresser à un·e interlocuteur·trice dans la « mauvaise » langue. Souvent, cela fait sourire les gens. C’est une sacrée gymnastique mentale. Une autre difficulté, notamment lors de gardes à vue, est que la personne confie davantage de choses que ce qu’elle devrait, au lieu de répondre aux questions. Je suis donc obligée d’être claire et d’expliquer que je suis là pour interpréter pour la justice française.

 

Prochain portrait dans deux semaines avec Clémence : traductrice allemand-anglais français !



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